Playlist #22 – 02/03/2026
Ahoj!
Jak se máš?
J’avais dis que je ferai une playlist exclusivement tchèque pour marquer les quelques jours de vacances et fêtes à Prague, mais j’ai changé d’avis : 1) parce que je n’ai pas dig de musique tchèque sur BC 2) car ce que je connais en musique tchèque risque d’être pénible pour vous et vos oreilles 3) car j’ai encore l’intention de vous dégommer au black metal et à la noise suite à un soudain regain d’engouement pour les grrrrrraaaaaahgrrrh et les bzzzzzzzzpshhhhhhhbzzzzzz.
En intro, un nom qui semble sonner à l’Est du mur, mais produit aux UKs sur le même label que Yungwebster. On retrouve dans l’album Blasé Saint la même atmosphère vaporeuse; presque enfumée j’ai envie de dire; que dans ceux du rappeur NY. On a utilisé le terme “d’ambient rap” pour qualifier sa musique, on pourrait aussi dire que Matryoshka délivre ici des instru’ dans cette même veine, mais en plus incisif et en plus “brouillard”. On se représente dans une ville plongée dans un nuage de brume avec ce genre de morceaux. Et puis avec Black Lodge vient un flamboiement dans le ciel nordique, courte track d’un peu plus de deux minutes, qui rappelle certains moments de Coil, mais en plus Noise/indus. J’aime bien ces temps la présence de voix dans les morceaux, et la phrase “je vais brûler tes églises chrétiennes” m’a bien fait marrer, dans sa naiveté et son kitsch un peu Raw Black Metal. La track qui suit vient du dernier projet de Igor Cavalera et de Blush Response, bizarrement intitulé Cyphonist. Chelou comme choix de nom, je ne peux pas m’empêcher de me représenter l’un d’entre nous – au hasard, Nico – en train de siphonner des pintas. Côté musique, on est encore dans un univers noisy relativement martial : cette intro à la batterie pourrait figurer en soundtrack dans un film sur Warhammer, dans une scène ou deux armées avancent l’une contre l’autre, dans un grand capharnaüm de technologie et de religion mélangés. Définitivement, une des mes découvertes pref des semaines passées. Allez, suit un truc plus pop; enfin, on s’entend. Qui plus est d’un label tchèque de Brno, ville ou on voulait aller semaine dernière mais rendez vous manqué, faute de temps et de découpes. Voilà, la boucle est bouclée. Drum’s Don’t Burn reste une track à headbang, et ça m’a donné envie de plus creuser les productions de Subsism. Petit moment nostalgie de notre semaine à Prague et ce peaktime à Ankali le vendredi soir pour la soirée Amphibian Records x Useless Seconds. C’était une vraiment une très belle semaine, je suis content d’avoir retrouvé Prague en compagnie d’ami.ies impéccables. Ça m’a donné envie d’y retourner plus souvent.
j’achève la selecta avec d’abord cette chansonnette très doomy d’un sombre groupe de BM américain, Arcanist. Pas forcément révolutionnaire dans la compo’, mais le riff est super efficace et le growl par dessus marche extrêmement bien. Grande track de raw BM matinée de doom. Finissons comme on a commencé sur quelque chose de plus ambient. La dub pour le héron annonce des jours plus apaisés et plus sereins. C’est le printemps à Paris, et Mars a balayée ma prime jeunesse. On ne va pas s’arrêter là néanmoins.
Mes très cher·es ami·es,
En votre absence, je dois bien avouer que ce fut une semaine sans grande découverte musicalement. J’ai passé pas mal de temps à écouter Elliott Smith en regardant la pluie par la fenêtre, en imaginant être le protagoniste torturé d’un film de Gus Van Sant. J’ai quand même eu l’occasion de lire de belles choses en BD et de voir, après tant d’années, le film Eyes Wide Shut. J’ai toujours pensé, sans trop savoir d’où cela me venait, que c’était moins bien ou alors moins Kubrick que je ne le pensais, donc je n’avais jamais pris le temps de le regarder. Je dois dire que ça m’a un peu fait bizarre de retrouver Kubrick avec des images que je n’avais jamais vues. J’ai plutôt bien aimé, mais j’ai été un peu surpris par l’écart entre ce que j’avais imaginé du film et ce qu’il est vraiment. Pas dans le mauvais sens, juste j’avais imaginé, en termes d’histoire, un truc moins bien, donc tant mieux. Et là je vais sortir une phrase de noob, mais la scène de la « soirée » est assez folle, surtout avec l’OST de Jocelyn Pook. Malheureusement, elle n’est pas disponible sur BC, sauf dans le cadre de remix du genre : Masturbeator remix ou MiraculuM’s Extended Dark Dub Bootleg…
Rentrons dans le vif du sujet avec (une fois n’est pas coutume) une sélection principalement mélancolique, entre folk et ambient. Golden Ivy, on l’a déjà écouté un vendredi soir, j’avais même dit à l’époque « je n’aime pas trop le remix » pour finalement dire que finalement ça va. Mais je préfère tout de même l’original qui, dans la texture — non pas du beat derrière, mais sur la mélodie principale — m’évoque, sans trop savoir pourquoi, un imaginaire un peu science-fiction.
L’EP Paysage triste et principalement la chanson Promenade sentimentale me rappellent Clémence Cognet, qui chante entre autres sur l’album La Preya. C’est un peu différent, car Promenade sentimentale est plus moderne dans le genre, mais la mélancolie des paroles m’a tout de suite évoqué cet album.
Astrid Sonne (bien ptdr), c’est une belle découverte, d’abord car j’ai un peu une passion pour les sons qui semblent sonner mal. Dans TB Honest, la guitare ne semble parfois pas parfaitement accordée (n’y connaissant rien, c’est peut-être juste le choix des notes qui fait cet effet), ce qui nous plonge dans une atmosphère un peu dissonante et ça apporte une forme de vulnérabilité, je trouve, à la chanson. Tout l’album est bien.
Naima Bock live in… Toulon, oui Toulon. Classique folk, une belle voix, une guitare maîtrisée et surtout, le plus important, de très belles chansons. Évidemment, elle a une tournée qui évite la France cette fois. Je surveille quand même pour les mois à venir.
Avec Mohammad Reza Mortazavi, on sort un peu des ambiances précédentes pour basculer vers un percussionniste perse (ou d’origine perse). Difficile de choisir, car l’ensemble de l’album est bien, que ce soit l’ouverture et la fermeture avec Tears of a Fakir (op1 et op2), mais j’ai choisi Sudden Inspiration, qui est une miette différente du reste. C’est de la percussion et rien d’autre.
Pour terminer, j’ai découvert cette chanson de Grande Maison. Pas forcément un genre que j’affectionne particulièrement, même si je dois bien reconnaître qu’il existe des trucs incroyables. Ici, j’ai été cueilli d’abord par l’instrumental, qui est assez funky, mais surtout par la voix (quasiment sûr que c’est un sample d’un truc des années 60/70). Je la trouve assez obsédante.
xoxo
Dobrý den ! C’est le mot que j’ai le plus utilisé (avec Pivo et Bulínů), tantôt en pleine capacité intellectuelle, tantôt l’esprit aux portes de la perception… Semaine agréable et intense en très bonne compagnie, avec un alignement des délires et des énergies. Je ne garderai toutefois pas la gastronomie à Prague comme premier souvenir. J’ai été traumatisé par un Wellington aux allures de chaussette de teuf avec sa purée en poudre, et des ribs de porc sauce miel servis dans un sombre sous-sol d’une taverne ukrainienne. L’acmé gastronomique du séjour est sans aucun doute U Bulínů, avec ses saucisses noyées de riche sauce gribiche, sa montagne de schnitzel et sa salade de patate bien sapide ! Et puis, mention spéciale pour le goulash de la Souris grasse, aussi épais et souriant que son patron. Semaine assez fatigante, somme toute, sous le signe du scorbut, dû à une alimentation très carnée, avec pour seuls légumes verts du chou et des patates.
J’ai shazamé le premier morceau dans les toilettes de la taverne ukrainienne : DakhaBrakha, un groupe de Kiev qui passe en mai 2026 au Trianon. Musique fortement percussive sur fond de chants tradi, qui donne envie de vêtir son plus beau Kountouch tout en pissant sur le portrait de Vlad accroché à la paroi de l’urinoir (l’histoire est vraie).
Jeudi, on a aussi fait un repérage à Ankali avant les choses sérieuses du vendredi. Une pote mixait à Shella Radio, dans l’arrière-cour du club, et j’ai pu réécouter et découvrir quelques tracks que je partage ici. D’abord, Overdriven de Jasmín, sorti sur le très bon Hessle Audio : une Néerlandaise super sympa qu’on avait invitée à la Station aux côtés de Floid (mini Woody92), avec Older Brother aux vocals. Morceau non joué pendant l’émission, mais Older Brother a aussi sorti un projet avec Metrist (je le partage pour Alex, qui en est assez fan). Et, en découverte pendant l’émission : Burn Up de Maara. Un track downtempo, bien années 90, bien vaporeux, qui annonçait nos états respectifs.
Je termine avec deux tracks sorties sur Souffle Continu. L’album Diriaou s’écoute en entier. On est à la croisée des genres, entre musique traditionnelle bretonne, jazz, ambient, folk… Kerzhadenn veut dire « la marche », « la randonnée » : sans le savoir, c’était une grande thématique de notre séjour à Prague. Je n’ai toutefois pas trouvé de morceau en l’honneur du goulash et de la bière. L’album Maison Rose est folk, expérimental, mais cette track, Topaze d’Emmanuelle Parrenin, sortie en 1977, a un côté un peu trip-hop, bien avant l’heure. Vous en pensez quoi ?