Playlist #18 – 26/01/2026

On avance péniblement dans l’année. J’ai l’impression que ce mois de Janvier ne va jamais se terminer. Je ne sais pas si c’est lié à la reprise du taff ou le fait que je sois maintenant h 24 chez moi, ou encore un vieillissement soudain et accéléré du corps en général, ou bien peut être le retour des insomnies; mais il me semble avoir 1000 ans. J’ y suis peut être allé un peu fort ces derniers temps, comme je te disais par message. Mes vagues velléités monacales ne se sont pas transformées en volonté d’airain. La Grande Chartreuse pour le moment chez moi, c’est pas autre chose que cette liqueur verte comme une fontaine de Chassériau.

Etant flagada, j’ai glané pas mal de trucs ambient et downtempo. J’imagine bien Corridors of Power de Grails en track d’intro pour un set genre assez méditatif et psyché. De même pour Panacea de la Colonie de la Dub; et oui une fois n’est pas coutume, mais j’ai continué d’éplucher leur catalogue qui est très bon. D’ou aussi toujours sur ce même label Highlighter de Teffa(l) – avec son fameux revêtement en teflon – et sa dub Xavier Darkos très pesante. Star Anise du Plebeian (sic) a un côté abstrait / cold interessant, sans pour autant être trop “intello” dans le minimalisme de ce genre de prod parfois. Bel équilibre, mouuuuih. Je te laisse écouter la track du mec de Singapore, Bani Haykal. Ça m’a rappelé par certains aspects ce que fait Sacred Lodge. La voix dans la chanson me fait marrer un peu aussi haha.

La dernière track est ambient et c’est aussi une marotte récente, car c’est une prod’ issue de Muzan Edition d’Osaka, qu’on commence à pas mal connaitre désormais. J’ai pas encore fini de tout parcourir. J’ai hésité à acheter leur disco en one shot mais ça revient à 60 boules quand même.

Je retourne à mon état végétatif,

A la semaine pro. 

Bom dia l’ami,

J’avais initialement prévu de livrer ma playlist spéciale Brazil, mais j’ai senti que tu n’étais pas dans un mood chemise ouverte, transpiration et carnaval et, en vrai, ça m’arrange : je vais la garder sous le coude pour une semaine où je n’ai pas le temps et / ou pas de nouvelles choses intéressantes.

Du coup, en termes de mood, on va un peu à l’opposé. Sauf peut-être le premier morceau. Une compile du label digger Habibi Funk Records à Berlin. On est visiblement sur un micro-genre : le jazz soudanais. Kamal Keila est présenté par France Info comme le James Brown du Soudan (bruit de suce), ce qui me fait penser que ce genre de comparaisons est toujours cringe et à côté de la plaque. Ce n’est pas forcément l’artiste le plus connu, ce qui me laisse de belles perspectives pour digger.

On enchaîne avec Gloria Oliveira en duo avec Dean Hurley. Le D ici a géré le studio de musique de Lynch visiblement durant quelques années. La description de l’album ne laisse pas trop de doute : « Time is a beguiling, indistinct entity… sometimes standing still, sometimes bending back upon itself in premonitory memories of the future ». C’est très aérien, très dream pop, avec des touches d’ambient. La cover est particulièrement jolie. Je ne sais jamais si tu vas accrocher à ce genre ou juste dire « random dream pop boring song ». Tu me diras.

On enchaîne avec deux morceaux un peu moins lumineux. Cancer House, c’est une belle découverte (un des seuls moments où j’ai apprécié découvrir un truc avec le mot cancer dedans…). Y’a un côté très ville abandonnée des US, cabane dans une sorte de forêt et problème avec l’alcool. Jemima avec Use and Throw, c’est un peu la même chose mais dans un cottage au UK. Y’a peut-être un peu plus d’espoir quand même. Les deux restent quand même très beaux.

Robbie Basho, c’est un truc de la fin des 70’s, les shows NTS de folk le passent assez souvent. Y’a un côté dans la voix de l’artiste assez mystique que j’apprécie particulièrement. Le reste de l’album est plus country traditionnelle, mais ça reste très bon.

Last but not least (je ne me lasse pas trop de cette expression), Spectre Horsemen & Pale With Dust, clairement là c’est Xavier Darkos niveau ambiance / ambient. Il est possible que tu m’envoies un message WhatsApp en disant que tu me l’avais envoyé, car je n’arrive pas toujours à me souvenir de tout (bien que j’écoute attentivement chaque morceau). D’ailleurs, tu risques de râler car je vais acheter leur disco complète à 8 £, donc ça risque de polluer ton feed.

Voilà pour cette semaine, sans trop de cohérence mais toujours avec beaucoup d’amour.

Xoxo

Les trois premières tracks (9th Wonder à la prod × 2 puis Raashan Ahmad) ont été ramenées d’un lointain voyage aux US en 2011. J’avais passé un été à digger du rap sur le deck de ma tante (pas le matos pour mixer, sa terrasse). Ça a marqué les débuts d’une playlist rap US bien fournie que j’ai d’ailleurs toujours aujourd’hui. Je me suis dit que vu l’actu étasunienne, j’allais partager un peu de douceur : des tracks d’un temps où se mêlaient taille basse, choker et baggy (sans peste brune), et aussi quelques vieilleries. Kitty Craft est originaire de Minneapolis (Aïe) et vient tout juste de recevoir la reconnaissance de ses fans après plus de 30 ans. Brenton Wood est mort l’année dernière (et je parle pas des accords lel). Et puis les Ghetto Brothers auraient foutu une belle branlée à l’ICE.