Playlist #24 – 16/03/2026

Cette semaine, j’ai sortie la tête du Bandcamp hole et de la musique en général pour reprendre davantage la lecture. C’était pas mal de faire une pause, de replonger dans les bouquins et de se triturer les méninges autrement. Les livres donc, mais surtout les programmes des muni’; ah bah oui, c’est tout une prose ça aussi, bien souvent pas la plus marrante et encore moins la plus divertissante. Enfin bon, on a voté, “on est la” en somme. Montreuil reste sous le patronat de Patricio sans confondre les plus fins oracles de la vie politique française. On remet les pantoufles pour encore 6 ans. Zé partie. Patrice camarade, si tu lis ces lignes, donne un peu de thune aux asso’ ici bon sang, fais pas le con ! En outre, essaye de mettre une charentaise au-dela de la Rue de l’Eglise. On t’offrira un album Bandcamp d’un label d’Europe de l’Est en name your price.

Bon. Cet album d’Europe de l’Est c’est l’album faza druga (”phase deux” en français, pas de rapport avec la drug attention) **des polak de Druty. Ça envoie une sorte de Post-Punk bien fun et fort groovy, des airs à faire danser la polka à la moustache de Lech Wałęsa. Le beat en fond de la track Tydzien me rappel une autre track, mais j’arrive plus à mettre le doigt dessus rah ça me saoul. Dites-moi si vous trouvez, s’il vous plait, dziękuję. Restons dans un paysage sonore “punk” avec Dhangsha et son Insurrection Manual. Bon titre d’album ça encore en cette période électorale sur fond de fascisme rampant. Si la dub ici y est incontestablement militante, elle y ait aussi de façon assez surprenante infusée dans des nappes saturées qui viennent rappeler parfois la noize music, hmmmmm la noize. Ça vaut le coup d’y jeter une oreille. Retour à l’Est cette fois en Ukraine avec Maks Yos et son album Збірка: “я зловживав ембієнтом та дабстепом, traduction : “compilation: j’ai abusé de l’ambient et du dubstep” haha. Maks mon vieux, tu as bien fais d’en abuser ainsi. Il y a une vibe assez Christian Coiffure dans l’album, un downtempo qui vient gratter sur le côté trippy et mental. Weedy me ramène d’ailleurs à un passage de ce fameux set de Pe:rsona première cuvée, celui légitimement vénéré par Aurel’ et que j’ai hâte de ré-écouter un jour ensemble au petit matin dans un appartement pragois.

L’autre moitié est composé de noms plus illustres et qui ne vous surprendrons guère. Il y a déjà cette track du Shackleton qui date de la période Skull Disco. J’y retrouve une vibe proche de la compile avec Blood On My Hands dessus et je me faisais la réflexion que c’est la période du Shackle que je préfère pour le moment; même si ses bails plus psyché, plus hermétiques aussi, de ces dernières années restent grandement appréciables. Autre nom “de vieux” (si j’ose dire) avec Jichael Mackson (très subtil d’ailleurs ce blaze) et un de ses dernières track Absolut. J’étais venu dessus pour la cover, resté ensuite pour la musique (honteuse phrase). C’est un long morceau de dub ambient approchant les 15 min et qui me semble très ramassé, “minéral” dans son épure mais sans pour autant épouser un côté trop cérébral que je trouve chiant parfois dans ce style. Ah si tout de même une découverte finale qui m’a bien bien fait kiffer : le one man (ou girl, idk) band La Torture Des Ténèbres (à prononcer sur un ton gloomy). C’est sans aucun doute du Black Metal, très raw dans la production (c’est à dire très crade), néanmoins qui a une proposition artistique assez complète et qui détone dans le genre. Déjà J-K – la personne derrière le projet – a développée sur plusieurs albums tout un univers dystopique qui vient rappeler les futurs enténébrés de Shadow Run ou de Blade Runner. On y voit les façades marmoréennes de mégacorporation omnipotentes. Sur certaines chansons, des samples de voix féminines très sci-fi / cinématographiques apparaissent en bout de blast beat ultra compact. On est même surpris par des détours par le jazz. Bref, c’est cool ce projet. 

Le brouillard semble se dissiper en ce début de semaine. Avec le mal de dos, j’ai eu l’impression de passer plusieurs jours complètement à côté de tout. Musique, films ou même BD : même en ayant écouté, lu ou regardé, j’ai le sentiment d’être passé à côté ou de les avoir consommés trop passivement. J’espère que ça ira mieux, que la fatigue s’inversera et que je sortirai de cet état second. Du coup, c’est une semaine qui mélange à la fois des trucs que j’ai mis de côté ces derniers jours, mais que je redécouvre en écrivant ces lignes, et aussi des trucs que j’ai retrouvés que je n’avais jamais partagés ici.

On débute quand même avec une chanson de l’album que j’ai le plus écouté la semaine dernière et je réalise que ça m’a peut-être un peu (involontairement) maintenu dans une forme de léthargie. House Without Windows de Celestial, c’est à la fois un truc un peu mythique, vaporeux, mais qui s’inscrit finalement dans un album assez ambiant. Ce n’est ni dark ni light, mais plus planant et mélancolique.

On reste dans la mélancolie, mais cette fois dans une ambiance 70’s avec Spencer Cullum. Je ne crois pas avoir découvert d’artiste si bon dans ce genre depuis la découverte de Drugdealer. C’est dans certains morceaux un peu plus country et globalement beaucoup plus posé. J’espère que ça vous plaira.

Je n’ai pas trouvé beaucoup d’informations sur Trabant. Il semblerait qu’on soit sur une réédition d’un album, car le groupe s’est formé dans les années 80 à Budapest. J’aime vraiment bien ce côté lo fi dans l’enregistrement, les guitares pas bien accordées et cette chanteuse qui semble un peu blasée, qui chante en duo avec ce solo de guitare qui traîne tout le long de la chanson.

On rentre maintenant dans les trucs que j’ai découverts il y a déjà quelque temps. Je vous en ai parlé lors du dernier repas et son Oscar du meilleur film étranger hier m’y a fait repenser. L’OST de Sentimental Value, composée par Hania Rani, est vraiment chouette. Il était compliqué de choisir, du coup j’ai pris The House qui accompagne l’introduction du film, qui est peut-être l’une des plus belles ouvertures que j’ai vues au cinéma l’an dernier.

On termine avec deux chansons plus jazzy et groovy. Tomin d’abord avec Untitled Dirge, qui est vraiment mélancolique avec ces cordes qui résonnent. Et pas besoin de les présenter : Menahan Street Band avec Make the Road By Walking, qui est un morceau qui me réconforte assez souvent.

Xoxo

Chào anh ! Dernières heures avant le départ au pays de l’oncle Hô. L’excitation du voyage est palpable ! Deep squat while smoking cigarettes sera sans aucun doute la prochaine DA d’un sticker.

Cette semaine n’a pas été sous le signe de la découverte musicale, donc je serai plus bref que d’habitude. Pas de musique électronique, du moins. J’ai tout de même écouté quelques émissions NTS, pour la plupart consacrées à la musique brésilienne. Je vous en avais d’ailleurs partagé une il y a peu (Architects), et je vous compose donc une petite sélection de mes morceaux préférés (avec quelques ajouts personnels), avec un tribute à Arthur Verocai : l’émission ne pouvait qu’être fantastique.

Derrière Architects, on trouve un gars de LA, Alex Kelman, spécialisé dans les tributes aux légendes : André 3000, Q-Tip, pas mal de hip-hop classique aussi, et notre fameux Arthur Verocai, légende brésilienne. Kelman a tout de même dirigé le publishing de Warp en Amérique du Nord et ouvert leur bureau à Los Angeles. On peut sans trop de doute dire que c’est un « crotte digger », un « selector », ou autre « écouteur de macarons ».

Vous connaissez sûrement Arthur Verocai pour son album éponyme sorti dans les années 1970. C’est sans doute lui qui m’a fait découvrir la MPB, avec des titres comme Na Boca Do Sol ou encore Presente Grego. J’étais curieux de trouver des morceaux en featuring avec d’autres artistes reconnus, du style Badbadnotgood que je vous partage ici. Bis est également un peu moins connu, mais reste un morceau très solide de MPB.

Verocai a d’ailleurs été l’arrangeur de nombreux artistes plus que connus, comme Marcos Valle, Jorge Ben et, je crois même, Tim Maia. Dans le même esprit, je vous partage deux morceaux d’Edu Lobo, quoique plus années 60 et bossa nova. Je m’imagine dans le lobby d’un hôtel, moquette orange à motifs, costume en lin beige, chapeau vissé sur le crâne, lunettes en bakélite et moustache très imposante.

Je ne pouvais pas conclure cette playlist sans partager, cette fois-ci, une découverte vietnamienne (merci Aurélien). C’est un cover de Kelly Marie – Breakout. Oui, l’italo disco vietnamienne existe, et c’est bien cheesy. Je dirais même que c’est plus de la High NRG. Je vous ferai bientôt une playlist sur cette thématique. Allez mes petits bun cha, on se tient au jus ! La bise